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Bilan et synthèse sur 24 ans de recherches scientifiques

sur les liens entre cancer et l’alimentation.

 

Si aucun aliment n’a de vertus magiques contre la maladie ou le cancer, de bonnes habitudes alimentaires ont un effet bénéfique. C’est ce que confirme une méta-étude toujours en cours, lancée par l’Inserm depuis 1994, nommée Suvimax. Elle est devenue une source incontournable d’informations précieuses sur la consommation alimentaire des Français et leur état de santé. Les conclusions rendues ont démontré l’importance du rôle des antioxydants dans la prévention des cancers.

Voici déjà 15 ans, le premier rapport du fonds mondial de recherche contre le cancer constatait qu’une alimentation saine et équilibrée permettrait d’éviter 100 000 cancers en France, soit 3 millions de cas à l’échelle mondiale.

 

La méthode des experts…

Une vingtaine de scientifiques ont d’abord identifié dans la littérature 500 000 études, en ont retenu 22 000 et ont estimé que seules 7000 d’entre elles étaient pertinentes.

5 ans de décorticage et d’analyses ont été nécessaires pour étudier ces 7000 études et publier les premiers résultats. Depuis d’autres ont suivis. Un peu d’histoire…

 

Dans un premier temps…

Les experts ont déduiT de leur analyse des niveaux de preuves plus ou moins convaincants, à charge et à décharge, de l’influence de certains aliments sur le risque de cancer mais aussi de l’exercice physique du surpoids.

 

De là sont nées 10 premières recommandations…

Voici quelques exemples des premières publiées : limiter la viande rouge, augmenter les apports en légumes et fruits, pratiquer au moins 30 minutes quotidiennes exercice physique, le tout en restant aussi mince que possible.

Le Docteur Serge Hercberg, alors directeur de l’unité Inserm U 557 et vice président du comité stratégique du programme national nutrition santé et coordinateur de l’étude européenne Suvimax à déclaré enthousiaste en 2003 après 10 ans d’étude…

 -« Si, en mangeant mieux, on pouvait diminuer de 15 % le nombre total des cancers, ce serait énorme. Aucun médicament n’en est capable ! »

 

Comment traduire dans l’assiette les preuves scientifiques…

 De l’autre côté de l’Atlantique à Montréal, une équipe de scientifiques de l’unité de médecine moléculaire l’hôpital Sainte Justine, étudie in vitro l’effet antitumoral des composés phytochimiques (substances chimiquement actives contenues dans les fruits et légumes).

Ces chercheurs recommandent certains aliments dits anticancer au quotidien.

Une attitude jugée trop hâtive par certains.

Au-delà des règles désormais classiques de prévention anticancer :

  • ne pas fumer
  • limiter sa consommation d’alcool
  • éviter le surpoids

 

Les données recueillies se précisent maintenant aussi selon le type d’organe.

Attention ! Il est essentiel de garder en tête que même si le ou les aliments magiques n’existent pas, il nous est plus facile de modifier le contenu de nos assiettes que celui de nos gènes.

« On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille, mais on peut décider de manger des aliments bénéfiques à notre santé ».

Le 100 % prévention est une illusion…

Le risque zéro n’existe pas et l’alimentation est un tout, il faut donc la varier.

Pour cela il est important d’acquérir les bonnes habitudes alimentaires de façon précoce.

Et là, tout reste à faire…

Selon les résultats de l’étude nationale « Inca 2 » datant de 2007

La tranche d’âge de 3 à 15 ans consomment moins de 250 g de fruits et de légumes par jour, au lieu des 400 g recommandés. Chiffre confirmé par une autre enquête européenne nommé Prochildren, datant de 2006, effectuée auprès de 13 000 écoliers : seulement 20 % d’entre eux consommaient assez de fruits et de légumes.

Le professeur Hirsch souligne : « il aura fallu 50 ans pour que des mesures soient prises vis-à-vis du tabac. Je veux croire que cela sera plus rapide vis-à-vis de l’alimentation ».

Et bien, en 2018, soit 11 ans plus tard… de nombreuses mesures restent à prendre ! Désolé professeur ! 

Une stratégie nutritionnelle globale…

Les spécialistes en nutrition sont unanimes pour dire que c’est ce qu’il faut arriver à mettre en place, le plus tôt possible, y compris dès le plus jeune âge (auquel il n’est pas naturel de penser à la prévention par l’alimentation) ! En effet, là où la recherche scientifique cherche à établir des liens entre certains aliments et l’effet antitumoral de leurs principes actifs sur certains types de cancers… vouloir se préserver de tel ou tel cancer en privilégiant la consommation de tel ou tel aliment, tout comme penser à se protéger de tel ou tel cancer et pas d’un autre, sont des non-sens et des impasses.

Il convient d’avoir une approche nutritionnelle et préventive globale d’après les connaissances scientifiques actuelles.

Ci-dessous, voici où en est la science dans ses postulats, en 24 ans de recherches (et parfois davantage pour certains cancers), dans l’établissement des preuves et des liens entre alimentation et prévention anti-cancereuse.

 

Temps de lecture estimé : 5 mn

Petit état des lieux cancer par cancer pour :

  • Le cancer colo-rectal
  • Le cancer de la prostate
  • Le cancer de l’estomac
  • Le cancer de l’ Œsophage
  • Le cancer du foie
  • Le cancer de l’oesophage
  • Le cancer du sein
  • Le cancer du poumon

 

Cancer colo-rectal…

Les experts préconisent le zéro charcuterie depuis 2008…

Dans 2 études, les preuves à charge contre les principaux coupables, viande rouge et charcuterie, continuent de s’accumuler. Le rapport du WCRF préconise depuis 2008 de ne pas consommer plus de 500 g de viande rouge (seule la volaille à chair blanche n’est pas concernée) par semaine et d’éviter les charcuteries.

Une autre étude européenne est venue confirmer ces données en recommandant le « zéro charcuterie » . Un avis qui va plus loin que le plan national de nutrition santé qui plaide pour une limitation…

L’étude Epic avait pourtant tiré la sonnette d’alarme depuis 2005…

Un suivi de 500 000 personnes dans 10 pays européens avait permis de conclure de diminuer de près de 30 % le risque colo-rectal en réduisant la consommation de viande rouge, d’abats et de charcuterie tout en augmentant les apports en poisson.

Le risque passait selon eux:

  • de 1,71 % chez les carnivores (129 g par jour pour un homme, 85 g par jour pour une femme) à 1,28 % chez les faibles consommateurs de viande (moins de 30 g par jour pour un homme, 13 g pour une femme).
  • de 1,86 % chez ceux consommant peu de poissons (moins de 14 g par jour) mais de 1,28 % chez ceux qui en mangent plus de 50 g par jour.

Les graisses animales faussement incriminées…

On a longtemps cru à la nocivité des graisses saturées contenues dans les viandes. Or, au regard des résultats de recherches actuelles, il semble que le coupable serait plutôt le fer qui, combiné aux protéines musculaires pourrait se comporter en pro-oxydant favorisant la formation d’un cancer…

On sait à ce sujet que le mode de cuisson intervient, le barbecue étant déconseillé.

Le rôle de protecteur des fruits et des légumes de mieux en mieux documenté…

Même s’il est difficile de savoir ce qui est au premier plan : leur richesse antioxydant, en fibre, en folates, leur faible densité énergétique, ou tous ces facteurs réunis…

Dans la lutte contre le cancer, les bénéfices de l’ail et du calcium végétal sont avancés.

 

Cancer de la prostate

Lycopène, sélénium et thé vert

Selon les données du WCRF, les aliments riches en lycopène et sélénium (pigment rouge qui donne sa couleur à de nombreux légumes, aussi présent dans le foie et ça crustacés) seraient bien protecteurs.

Depuis 2005 une étude a mesuré l’impact du mode, de vie et alimentaire…

Elle a démontré qu’il était possible de stopper la progression de la tumeur et même de la faire régresser en changeant radicalement de style de vie et de régime.

100 hommes chez qui le diagnostic du cancer de la prostate avait été confirmé.

Deux groupes ont été constitués :

Groupe 1 : modifiant en profondeur leur hygiène de vie et leur régime alimentaire (type végétarien), associés à des exercices d’aérobic et de yoga.

Groupe 2 : Ne modifiant pas leur hygiène de vie et alimentaire.

Constat au bout d’un an :

Groupe 1 : niveau de PSA (marqueur sanguin spécifiques du cancer de la prostate) a diminué de 4 %

Groupe 2 : niveau de PSA a augmenté de 6 %

Depuis 2007 une étude a constaté les effets du thé vert…

Une étude sur 50 000 citoyens japonais a constaté que le risque de développer un cancer de la prostate à un stade avancé était de 50 % inférieur chez ceux qui consommaient moins de 5 tasses par jour par rapport a ceux qui en buvaient moins d’1.

Les méfaits du calcium animal prouvés depuis 2007…

Les experts de WCRF est-ce que des apports trop élevé en calcium animal, au-delà de 2000 mg par jour (soit 2 l de lait ou de camembert par jour), sont à éviter.

 

Cancer de l’estomac…

Le sel, le grand ennemi…

En France, la mortalité a été divisée par 4 depuis 1950 concernant le cancer de l’estomac et son incidence est en net recul. Le réfrigérateur et la conservation par le froid ont fait reculé la consommation importante de sel, d’Aliments fumés ou saumurés, qui sont des méthodes de conservation par le sel.

Au Japon, ou poisson cru et légumes en saumur sont très consommés, les taux de cancer de l’estomac restent élevés.

Côté prévention…

Les fruits (tous mais particulièrement les agrumes) et les légumes (tous mais particulièrement les poireaux et les oignons) ont un effet protecteur.

Le rôle d’une bactérie nommée : Hélicobacter pilori a aussi été identifiée.

Pas de bactérie = pas de cancer

 

Cancer du foie…

L’alcool l’ennemi numéro un

Il se développe toujours à la suite d’une cirrhose alcoolique ou au virus hépatites B et C.

Dans les pays en voie de développement, il est lié à la consommation d’aliments mal conservés et contaminés par des moisissures qui provoquent la formation de substances cancérogènes : les aflatoxines

 

Cancer de l’ Œsophage…

Légumes verts et agrumes

Alcool, chaleur et tabac sont 3 facteurs à risque bien connus.

Le rôle protecteur de la consommation régulière de fruits et de légumes n’est pas très connu mais est pourtant démontré.

Une consommation de 200 g quotidien de fruits ou de légumes (surtout les agrumes riches en vitamine C et les légumes verts), réduirait de 30 % le risque de cancer de l’œsophage est de 80 % ceux de la bouche et du pharynx.

NB : le reflux gastro-œsophagien favorise le développement d’une tumeur de l’œsophage.

 

Cancer du sein…

L’allaitement bénéfique, l’alcool néfaste

L’allaitement prolongé diminue les risques de cancer du sein.

La consommation d’alcool augmente le risque de cancer du sein.

Ce risque augmente de 10 % si la consommation moyenne d’alcool par jour augmente de 10 g soit d’un verre.

Le fait de doubler sa consommation de fruits et légumes ne change pas grand-chose au risque de récidive, comme le démontre une étude publiée en 2007 nommée Jama.

Les scientifiques se tournent vers une supplémentation en oméga 3 qui pourrait accroître la sensibilité de la tumeur à la chimiothérapie.

 

Cancer du poumon…

Le tabac, ennemi public numéro un

90 % des tumeurs se développent chez des fumeurs ou anciens fumeurs.

83 % sont des hommes.

On sait depuis 30 ans que les caroténoïdes, substances antioxydantes contenues dans les fruits et légumes, sont bénéfiques.

Mais attention, rien ne remplace les produits frais ! En voici la preuve :

En 1994 une étude suédoise a consisté à administrer des suppléments de carotènoïdes auprès de 30 000 fumeurs ; les cas de cancer ont augmenté de 18 % et la mortalité de 8 %…

Aujourd’hui les recommandations sont donc élémentaires : moins de cigarettes et plus de végétaux frais !

 

Ma conclusion :

Toutes les tumeurs citées ci-dessus ne sont certes pas les seules qu’une meilleure alimentation pourrait aider à prévenir. Mais en l’état actuel, il est de nombreux cancers pour lesquels le lien avec l’alimentation n’a toujours pas été établi par la science.

Exemple : les tumeurs cérébrales, celle de la vessie, de la vésicule biliaire, des testicules, de la thyroïde, de la peau, ou encore sur ta conserve hématologique comme les lymphomes…

Pour ces affections que l’on sait en augmentation, les experts de la WCRF n’ont pas conclu.

Néanmoins, en l’absence de preuves scientifiques irréfutables de causes à effets entre l’alimentation et la prévention ou l’aggravation de certains cancers, et en la présence d’une telle inertie dans leur progression… pour ne pas tomber dans la croyance… le bon sens, le discernement et l’observation prévalent.

 

Or, que voit-on…

  • L’augmentation de la consommation de malbouffe, d’aliments ultra-transfomés produits par l’industrie et agroalimentaire, pollués et vides de fibres et micronutriments (antioxydants, vitamines, minéraux, omégas, etc…) ne produisent visiblement rien de bon dans notre société occidentale moderne et trop sédentaire.

 

  • Les chiffres en recrudescence et en nette augmentation des maladies dites de société le prouvent. Nous avons la chance d’avoir le choix de notre alimentation. À nous de l’adapter en fonction des connaissances scientifiques actuelles et de notre bon sens pour en faire un facteur de santé et de vitalité, plutôt qu’un facteur de maladie et de morbidité.

 

  • Tout converge et tend à prouver que manger alcalin est une bonne alternative alimentaire et un « principe de précaution » pour une prévention santé globale. Cette alimentation ne carence pas (car non évictive) et est très riche en antioxydants, minéraux, vitamines, fibres, caroténoïdes, folates, lycopène et sélénium (soit tous les éléments actifs précités comme bénéfiques) pour prévenir convenablement du cancer.

De plus, elle est suffisamment faible en densité énergétique et en calcium animal pour éviter de favoriser son développement.

A cela s’ajoutent les vertus d’une alcalinisation du milieu qui peut freiner, voire éradiquer d’après certains experts, la formation de cellules cancéreuse, comme l’indique les recherches scientifiques connues et répertoriées dans cet article que je vous invite à lire : Cancer, thérapie acido-basique et alternatives médicales

Je n’ajoute qu’une phrase : « mangeons alcalin, nourissons notre santé et celle de notre planète ! »

 

On en cause ?

N’hésitez pas à donner votre avis sur cet article ou à poser vos questions dans la zone de commentaires disponible en bas de cette page.

Sources :

https://www.wcrf.org

https://www6.inra.fr/nacre/Prevention-primaire

https://www.anses.fr/fr

http://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.0040325

http://epic.iarc.fr

https://www.ornish.com/wp-content/uploads/telomerase-benefits-healthy-living1.pdf

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19018085

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/%28SICI%291097-0215%2819970611%2971%3A6%3C917%3A%3AAID-IJC1%3E3.0.CO%3B2-0

https://academic.oup.com/jnci/

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