Comment nous pouvons être manipulés par nos émotions dans nos choix alimentaires et pourquoi cela devient un enjeu stratégique pour l'industrie agroalimentaire.

Article 1

Comment s’opèrent vos choix alimentaires ?

Sont-ils vraiment conscients ? 

Rien n’est moins sûr ! C’est ce que démontre une recherche scientifique sur nos motivations pour choisir tel ou tel aliment. Car, pour faire très simple et court, nos émotions ont remplacé nos instincts. C’est notre point faible et il est  très étudié et déjà utilisé.

Car, ce phénomène qui s’accentue à l’âge adulte permet à l’industrie agroalimentaire de mettre en place des stratégies destinées à leurrer nos cerveaux et nous créer de faux besoins.  

Ceci, afin que l’on mange davantage de produits transformés, en plus grande quantité et pour nous en vendre plus.

Dans cette série de 3 articles, je vais tenter de vous expliquer le plus simplement possible une réalité complexe et de décrypter comment cela fonctionne. 

 

Article 1 de 3 :

Temps de lecture estimé : 3 mn

 

Aujourd’hui la profusion de l’offre alimentaire nous contraint à devoir faire de multiples choix.

Chaque jour, nous prenons sans nous en rendre compte environ 200 décisions concernant la nourriture.

Dans tout supermarché lambda, un consommateur doit choisir parmi 12 000 produits en moyenne.

Les facteurs visuels, psychologiques et gustatifs nous submergent ! 

Cette apparente profusion d’offres (cf. plus bas dans cet article en quoi elle est un leurre) nous laisse-t-elle encore une notre capacité de choisir ?

Et si oui, quelle est notre réelle marge de manœuvre dans ce cas ?

C’est ce que je vais tenter d’éclaircir et pour commencer, dans ce premier article, je vais retracer brièvement l’évolution de notre alimentation de la préhistoire à nos jours, afin d’avoir quelques repaires et des référentiels nutritionnels communs.

Depuis la préhistoire, nous avons triplé la taille de notre cerveau grâce à l’évolution de notre alimentation.

Aujourd’hui, avec environ 1500 cm³, le cerveau humain est 3 fois plus gros qu’avant l’époque omnivore.

D’après le professeur Axel Janke, généticien de l’évolution :

« Ancestralement, en tant qu’être humain, notre instinct naturel est d’emmagasiner un maximum de calories, car cela provient d’une époque où l’offre était restreinte et d’un instinct dont dépendait notre survie ».

En effet, durant la préhistoire notre nourriture était basée sur :

  • quelques herbes, baies et racines,
  • du poisson,
  • des carcasses,
  • des restes abandonnés par un autre animal.

Les choix variaient selon les saisons et c’est pour cette raison que nos besoins nutritionnels et nos biorythmes sont encore de nos jours, différent en fonction des saisons. D’où l’importance pour les satisfaire de manger des aliments de saison. 

Puis l’humain s’est mis à chasser…

D’après le professeur Axel Janke, généticien de l’évolution :

« Pour chasser de la façon que les humains ont développé à la préhistoire, il faut être stratège et donc être doué d’abstraction. Pour traquer sa proie, il faut donc disposer d’un gros cerveau. »

C’est alors le début d’une évolution parallèle :

  • les techniques de chasses s’affinent, 
  • l’apport en protéines augmente.

Résultat : la taille de notre cerveau augmente ! 

Au fur et à mesure que l’humain évolue, il ne dépend plus de trouvailles fortuites et de charognes pour accéder aux protéines.

D’autre processus sont alors activés : l’humain imagine et créé des outils pour récolter les fruits et abattre de grands animaux. Car tuer de grands animaux, c’est l’assurance de se procurer de précieuses protéines en quantité.

Sans les protéines, nous n’aurions pas évolué jusqu’à notre situation actuelle. Les protéines ont été le coup d’accélérateur de notre évolution.

Pendant les quelques premiers millions d’années après l’apparition des hominidés, la taille du cerveau stagne plus ou moins, mais l’arrivée de protéines plus régulières dans l’alimentation correspond à une courbe d’augmentation du cerveau ascendante et fulgurante. 

Les protéines semblent avoir compté davantage encore, que le feu dans cette évolution, d’après Axel Janke.

Avec son gros cerveau, l’humain à sophistiqué les méthodes pour varier son alimentation.

Avec la naissance de l’agriculture (au néolithique), les céréales sont entrées dans notre alimentation et avec elles une nouvelle forme de protéines végétales et surtout de sucre : les glucides.

Quand les glucides apparaissent dans notre alimentation, notre rapport au sucre qu’ils contiennent devient suffisant, mais est encore loin d’être excessif.

Les glucides et les protéines des céréales consommées régulièrement contribuent fortement au fonctionnement de notre désormais, gros cerveau. 

En nous sédentarisant pour cultiver la terre, nous avons aussi développé des techniques de conservation de notre nourriture.

On a moins besoin de chasser ou de cueillir, on diversifie notre alimentation omnivore et on assure un confort alimentaire plus constant.

En plus des cultures, on commence à domestiquer des animaux. Les sources de protéines deviennent moins aléatoires, plus facilement et directement accessibles.

Puis, grâce à la régularité des ressources alimentaires disponibles, nous nous sommes mis à cuisiner et à condimenter.

Les premières traces d’épices connues sont originaires de Mésopotamie, un peu plus de 2000 ans avent JC.

La palette alimentaire n’a cessée de s’étendre, mais longtemps la première et l’essentielle motivation dans le choix des aliments a été : la faim.

La faim ! Cette sensation qui peut rendre mou, irascible, agressif ou encore, empêcher toute concentration suivant les cas et les individus.

Dans les 2 prochains articles, vous verrez qu’au fil du temps, plus nos sociétés se développent et se complexifient plus la faim devient une de nos dernières motivations de nous nourrir.

Lorsqu’on s’éloigne de cet instinct de survie pourtant précieux, on permet à nos émotions de gouverner.

Là où nos instincts nous permettent d’aller naturellement vers des aliments sains et diversifiés, nos émotions, elles sont faillibles et surtout, manipulables. 

Cela vous intéresse ? Alors ne loupez pas les 2 prochains articles mardi et jeudi prochain, dans lesquels je vais vous expliquer :

  • Comment les comportements alimentaires ont radicalement changé au fur et à mesure de la complexification de nos sociétés. 
  • Pourquoi, en mangeant des aliments de l’industrie agroalimentaires, vous n’avez plus la capacité de choisir quoi manger et en quelle quantité (et cela n’a rien à voir avec le budget).
  • Pourquoi certains adoptent souvent à leur insu, des habitudes alimentaires qui posent des problèmes de santé et d’environnement.
  • Comment faire pour retrouver sa capacité à choisir des aliments sains et des quantités saines et restaurer des habitudes instinctives de choix alimentaires sains pour nos organismes.

On en cause ? 

Si cet article vous plaît, partagez-le et n’oubliez pas de suivre la suite ! 🙂

Vous pouvez aussi partager vos avis ou questions dans la zone de commentaires ci-dessous. Merci encore ! 😀

Source :

Why we heat what we eat ? The eating motivation surve

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.